Rebecca (1940) - Hitchcock

Publié le par Marine

Le 19 janvier avait lieu, dans le cadre de la rétrospective d'Hichcock organisée par l'Institut Lumière de Lyon, la projection de Rebecca, suivie d'une intervention de Martin Barnier, conférencier à l'Université Lyon 2.

 

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Rebecca est inspiré du roman de Daphne du Maurier publié en 1938. Ce long-métrage fût le premier film américain de Hitchcock qui dû se soumettre à la censure de l'époque, le Code Hays. Malgré cette pression des studios le réalisateur nous propose encore une fois un film extrêmement abouti, entre thriller gothique et conte de fée. 

Mrs. Edythe Van Hopper séjourne avec sa demoiselle de compagnie à Monte-Carlo dans l'hôtel Côte-d'Azur lorsqu'elles croisent le chemin de Maxim de Winter, riche veuf. Ce dernier fascine la jeune fille, qui tombe immédiatement sous son charme et a qui finit par demander de quitter son service auprès de Mrs. Van Hopper afin de l'épouser et de vivre dans son immense demeure de Manderley en Angleterre. La jeune femme, nouvelle Mrs. de Winter est confrontée à une nouvelle vie dont elle n'a guère l'habitude et doit faire face à la froideur et la rigidité de Mrs. Danvers, gouvernante, très attachée à l'ancienne femme de Mr. de Winter, Rebecca. Cette Rebecca que nous ne voyons a aucun moment est pourtant présente partout. Si la nouvelle Mrs. de Winter ne prend sa chambre, elle fait d'abord tout son possible pour être à sa hauteur, en lui ressemblant quelque peu. Cependant cette vie ne lui ressemble pas et elle sera obligée de s'imposer mais surtout de grandir pour prendre la place qui est la sienne, après avoir découvert la vérité sur le deuil de son époux et sur la nature de Rebecca. 

Hitchcock filme admirablement l'absence mais surtout la présence post-mortem de cette femme que nous n'avons jamais vu. Rebecca est présente partout à Manderley, par la présence d'objets, par la souvenir et surtout à travers la gouvernante qui lui vouait une admiration sans borne. Hitchcock a introduit un thème musical, surgissant à chaque allusion de la défunte qui, inconsciemment, s'intègre chez le spectateur, qui ressens de plus en plus sa présence.

Ce long-métrage peut donc être perçu comme l'illustration de l'emprise d'une femme après sa mort, par son absence qui pourtant se traduit par une présence continuelle tout le long du film. Cependant, c'est aussi le conte de fée de cette nouvelle Mrs. de Winter, dont nous ne connaissons à aucun moment le prénom, qui doit se battre dans un milieu et une demeure qui n'est pas vraiment la sienne afin que sa relation amoureuse avec Maxim de Winter triomphe. C'est une grande encore une grande réussite pour Hitchcock qui se joue du spectateur, soigne toujours l'esthétique et fait naitre le suspens d'un claquement de doigt. 

 

18/20



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